HOLY SEE SIDE EVENT
THE HUMAN DIGNITY OF WOMEN IN CONTEMPORARY SOCIETY:
CAREGIVING WITHIN THE FAMILY
United Nations, New York, March 11, 2009


SYNTHESE DE LA CONFERENCE SUR LE VIH
Sr. Marie-Bernard Alima

PRENDRE SOIN DES PERSONNES VIVANT AVEC LE VIH/SIDA
AU SEIN DE LA FAMILLE
 

 


 

Parmi les défis majeurs qui interpellent en ces débuts du 3ème millénaire la conscience individuelle et collective de la communauté humaine figure la pandémie du VIH/Sida qui est devenu un véritable fléau au regard des statistiques de sa propagation et des décès qu’elle occasionne. L’Afrique subsaharienne est la région la plus affectée selon les données épidémiologiques 2008 de l’ONUSIDA. Cela ne va pas sans soulever de sérieux problèmes de prise en charge et des soins à apporter aux Personnes Vivant avec le VIH/Sida (PVV, en sigle) au sein de la famille et de la communauté.

 

Par ailleurs, les statistiques récentes montrent que l’épidémie du VIH/Sida en contexte africain, est en train de se féminiser et de se rajeunir : si les deux tiers des PVV se trouvent en Afrique Subsaharienne, 67% d’entre elles sont des femmes (dont de plus en plus les jeunes filles !). Au-delà des considérations anatomiques, cette féminisation de l’épidémie pourrait être un symptôme de la position extrêmement subordonnée et dépendante des femmes dans la société africaine. En effet, des aspects culturels sexospécifiques sont devenus des facteurs favorisants cette féminisation de l’épidémie : c’est le cas de la polygamie (et des drames qui s’en suivent dans la contamination au VIH/Sida au sein des familles), de l’excision, des violences sexuelles, de certaines pratiques, rites et autres croyances et clichés qui circulent sur le VIH/Sida. C’est aussi le cas du faible rôle de décision de la femme dans la conclusion du mariage comme dans la consommation de l’acte conjugal. Dans ce contexte, il est clair que les inégalités entre hommes et femmes à la fois alimentent et intensifient l’impact de l’épidémie de VIH et doivent être prises en compte de manière efficace aux niveaux national et communautaire.[1]

 

En plus des facteurs culturels, la pauvreté est un des ceux qui affectent considérablement la prise en charge et l’accompagnement des PVV au sein des familles. Elle fragilise les familles, crée des conflits et conduit facilement à la culpabilisation, à la stigmatisation et au rejet des PVV. Mais la pauvreté limite aussi l’accès aux soins de santé. En RDC par exemple, moins de 10% des PVV éligibles sont sous ARV. Parfois la faiblesse du pouvoir d’achat ne permet pas aux familles d’assurer une prise en charge alimentaire conséquente au traitement sous ARV.

 

C’est dans ce contexte que la pandémie du Sida pose à la communauté africaine et à l’Eglise de multiples défis qui ne peuvent être remis à plus tard : le défi de l’évangélisation de nos cultures et des identités culturelles ; le défi de l’éducation aux « vraies valeurs de la liberté comme don, de l’amour comme sacrifice, de la patience comme espérance »[2], de cet amour don de soi, libre de l’esclavage de l’égoïsme[3] ; le défi, au sein des familles, du service affectueux envers les membres les plus faibles parce que petits, malades ou âgés, de l'aide mutuelle devant les nécessités de la vie, de la disponibilité à accueillir l'autre et, si nécessaire, à lui pardonner[4] ; le défi de l’accès aux soins de santé de qualité pour toutes les PVV ; le défi de la valorisation de femme et de la promotion de ses droits fondamentaux ; le défi toujours actuel des rapports plus justes et plus équitables entre l’homme et la femme au sein de la communauté africaine ; le défi du soutien à la famille naturelle, en tant que profonde communion de vie et d'amour, fondée sur le mariage entre un homme et une femme, et qui constitue « le lieu premier d'‘humanisation' de la personne et de la société », le « berceau de la vie et de l'amour »[5] ; le défi d’une spiritualité de la mort qui la comprend comme entrée dans la nouvelle vie ; le défi d’une information correcte sur le VIH/Sida.

Entourer des soins les PVV devient donc en même temps une question de justice et une exigence de notre foi en Jésus-Christ mort et ressuscité.


[1] Cf. site officiel d’ONUSIDA

[2] SHIMBA BANZA, VIH/SIDA et Pastorale. Pistes des solutions et coresponsabilité, Actes de la XXIVe Semaine Théologique de Kinshasa, Maladie et Souffrance en Afrique. L’Eglise interpellée par la pandémie du Sida, FCK, 2007,  p. 147.

[3] Ibid., p. 146.

[4] BENOIT XVI, FAMILLE HUMAINE, COMMUNAUTÉ DE PAIX, Message à l’occasion de la Journée Mondiale de la Paix, Janvier 2008, n° 3.

[5] Ibid., n° 2.